GALERIE RATTON-LADRIÈRE

11 quai voltaire 75007 Paris // tél. +33 1 42 61 29 79 // www.ratton-ladriere.com

FR / GB

LE CHRIST ENTOURÉ DES SYMBOLES DES ÉVANGELISTES
PIETER COECKE D’ALOST
ALOST - 1502 - BRUXELLES - 1550

Huile sur panneau
Hauteur : 43 cm
Largeur : 29 cm

D’après la tradition, Pieter Coecke est formé à Bruxelles par Bernard van Orley, puis voyage en Italie avant de s’installer à Anvers, où il est cité franc-maître en 1527.

On situe donc son voyage en Italie en 1524-1525. Il fit également un voyage à Constantinople en 1533, dont il rapporta des gravures qui furent publiées en 1553 par sa veuve. Il était à la tête d’un important atelier, dont sortaient tableaux, mais aussi vitraux et tapisseries.

Notre tableau s’inspire d’une œuvre de Raphaël, représentant la vision d'Ezéchiel, aujourd’hui conservée au palais Pitti à Florence, et l’on en connaît deux autres versions, dont l’une appartenait autrefois aux collections Médicis (elle est aujourd'hui chez les héritiers de Federico Zeri), l’autre avec l’adjonction d’un paysage et de têtes d'angelots autour du Christ, est à Munich. L'inscription "regnabit in domo jacob in eternum" (il règnera sur la maison de Jacob pour l'éternité) est tirée de l'Evangile selon Saint Luc (l'annonce faite à Marie), et illustre partiellement une vision d'Ezéchiel, la gloire de Dieu qui préfigure l'arrivée du Christ Sauveur.

L'OPÉRATION DU PIED
PIETER JANSZ QUAST
1606 ? - AMSTERDAM - 1647

Huile sur panneau

Hauteur : 30 cm
Largeur : 38 cm

Au verso, numéro d’inventaire à la peinture rouge : 1193.

Pieter Quast est documenté à La Haye, où il est membre de la Guilde de Saint Luc, de 1634 à 1641, date à laquelle il retourne définitivement à Amsterdam. Il peint essentiellement des scènes de genre, joyeuses compagnies de buveurs, fumeurs, ou comédiens, aussi des mendiants, mais sans jamais tomber dans la vulgarité, et avec un certain humour. Il a également peint des tableaux à une seule figure, à mi-corps ou en pied, et très souvent dans des accords de beige et vert. Notre composition est connue en plusieurs exemplaires, de dimensions sensiblement supérieures : une au Riksmuseum d’Amsterdam, une version dans le commerce italien (Caretto, Turin en 1995 ; ces deux versions sont monogrammées), et une version en vente chez Lempertz à Cologne, (14 mai 1994, n°449).

SAINT ROCH SOIGNÉ PAR DEUX ANGES
ÉCOLE LORRAINE
PREMIÈRE MOITIÉ XVIIe SIÈCLE

Huile sur toile
Hauteur : 93,5 cm
Largeur : 67,5 cm

Saint Roch (1350-1380) était le fils d’un riche marchand montpelliérain ; devenu orphelin, il distribue son héritage aux pauvres et part en pèlerinage à Rome, et y séjourne trois ans. De retour vers la France, il traverse les Apennins pendant une épidémie de peste ; il s’occupe des malades, prie pour eux, leur administre les sacrements, et attrape la maladie. Prévenu par un ange, il se retire dans une forêt pour ne contaminer personne. Le chien d’un seigneur voisin lui apporte du pain tous les jours tandis qu’un ange vient le soigner. Il guérit, et revient à Montpellier où on le prend pour un espion, et le jette en prison. Il meurt en invoquant la Vierge pour les pestiférés. Le Christ le choisit comme intercesseur de la peste. De ce fait, il fut longtemps un des saints les plus populaires et représentés de la Chrétienté.

Le style de ce tableau montre clairement l’influence de Jean Leclerc ( ? vers 1588- Nancy 1633), qui passa vingt ans en Italie, avant de rentrer à Nancy en 1622, auréolé du prestige obtenu grâce à son tableau le Doge Enrico Dandolo invitant à la croisade, peint en 1620 pour la salle du Grand Conseil du palais des Doges de Venise. Durant son séjour en Italie, d’abord à Rome puis à Venise, Leclerc travailla aux côtés de Carlo Saraceni (1579-Venise-1620), dont le style le marqua durablement et dont on peut trouver écho dans la peinture lorraine, jusque chez Georges de La Tour. Notre composition s’inspire d’ailleurs du Saint Roch de Saraceni, de la Galerie Doria-Pamphili à Rome, peint vers 1610. Il n’est toutefois pas possible d’attribuer à Leclerc lui-même notre tableau, mais plutôt à un artiste non identifié de son entourage. Nous avons été tentés de l’attribuer à Rémond Constant (vers 1575-Nancy-1637), mais la comparaison avec l’ex-voto de Claude Beaujean (Nancy, musée lorrain), daté de 1636, montre certes des similitudes, (dans les figures des saints Sébastien et Roch), mais aussi des différences, notamment dans le rendu du paysage. Notre artiste anonyme pourrait être le même que l’auteur du Martyre de saint Sébastien, de l’église Saint Nicolas à Nancy, encore récemment attribué à Leclerc lui-même.

NATURE MORTE FLEURS ET FRUITS
FRANCESCO LAVAGNA
ITALIE - XVIIIe SIÈCLE

Huile sur toile (rentoilée)

Hauteur : 72 cm
Longueur : 187 cm

Cette belle et très décorative nature morte doit être attribuée à un artiste napolitain du dix-huitième siècle : elle présente de très importantes analogies avec une toile signée « Fran.o Lavagna P » reproduite par Luigi Salerno (La natura morta italiana 1560-1805, Rome 1984, fig.59.1, p.239) : même façon d’étaler les éléments, de mélanger fleurs et fruits. D’autres peintures attribuées à cet artiste par ailleurs totalement inconnu présentent ces mêmes caractéristiques. Il y a toujours une pastèque éventrée, et un vase de faïence bleue et blanche.

Un Giuseppe Lavagna est connu pour des tableaux de vases de fleurs, conservés en Espagne. On sait par De Dominici, dans ses biographies d’artistes napolitains, qu’il fut élève d’Andrea Belvedere, et mourut aveugle à quarante ans en 1724, mais on ignore quel rapport il a avec Francesco.

ANGE ARQUEBUSIER
PEROU, XVIIIème SIECLE, ECOLE de CUZCO

Huile sur toile (rentoilée)

Hauteur : 114 cm
Largeur : 85 cm

Ancienne collection Emile Français (1894-1984, important luthier)

L’Ecole de Cuzco, ancienne capitale de l’Empire inca, se développe sous l’impulsion d’artistes originaires d’Espagne, qui créèrent une école pour les Quechuas et les mestizos (descendant à la foi des Espagnols et des Amérindiens), enseignant le dessin et la peinture à l’huile. Les peintures sont à but essentiellement didactique, le but étant de convertir les Incas au catholicisme. En 1688, les membres espagnols et mestizos de l’école de Cuzco se séparèrent des artistes indiens, ce qui amena de nombreux peintres quechuas à développer un style propre, basé sur les œuvres européennes récentes. On peut définir ce style comme au confluent des influences baroques introduites par les Espagnols et les traditions indigènes et métisses, et se caractérise par l’emploi abondant, voire abusif de couleurs éclatantes et de rehauts d’or (c’est ici le cas), et les anges arquebusiers sont un des motifs favoris de ces artistes. C’est sous l’influence des gravures européennes introduites dans les Andes que les armes des phalanges célestes changèrent : les traditionnels boucliers, lances, épées, étant remplacés par des arquebuses, arme à feu à chargement classique dans l’Europe de la renaissance. Il est possible par ailleurs que notre artiste anonyme s’inspire, pour l’allure générale de la figure, d’une gravure d’après le Saint Michel de Guido Reni, de l’église Santa Maria della Concessione à Rome. L’église de Calamarca, à La Paz (Bolivie) possède une série de dix anges arquebusiers, de la fin du dix-septième siècle, où l’on retrouve une figure d’allure comparable à la notre, avec des vêtements différents, représentant l’ange Uriel Dei, le quatrième des sept principaux archanges connus dans le monde occidental. Il est rarement représenté seul, mais on connait une version attribuée à l’atelier de Zurbaran conservée à Lima. Il apparaît aussi en militaire vêtu d’une armure dans la série d’Uquia, au nord de l’Argentine. Notre tableau, avec ses couleurs vives, ses abondants rehauts d’or, ou encore la coiffe de plumes multicolores montrent bien ce mélanges des cultures caractéristique de la peinture andine.

LA LETTRE COMPROMETTANTE
ALEXANDRE-EVARISTE FRAGONARD
GRASSE - 1780 - PARIS - 1850

Huile sur toile (rentoilée)
Hauteur : 55, 3 cm
Largeur : 45, 6 cm

Signé en bas à droite : A Fragonard.

Fils du célèbre Jean-Honoré, Alexandre –Evariste Fragonard entre à l’âge de douze ans dans l’atelier de David (le 19 septembre 1792 exactement) pour y suivre son enseignement, et fera ses débuts officiels au Salon en 1793, où il continuera d’exposer régulièrement jusqu’en 1842. Tout au long de sa carrière, il déploie une prolifique activité dans divers domaines de la création artistique : peintre d’histoire (de l’Antiquité à l’époque contemporaine), costumes d’opéra, projets pour Sèvres (de 1804 à 1839), dessins de sites ou monuments pour les Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, projets de tapisseries et papiers peints, grands décors (pour Lucien Bonaparte, le palais Bourbon, le Louvre). Dans ses tableaux à sujet historique, l’artiste manifeste une nette préférence pour les sujets se rapportant à la Renaissance, principalement française, et aux intrigues de la cour des Valois. Nous n’avons pu identifier le sujet ici représenté, que les costumes situent à la fin du seizième siècle, le manteau doublé d’hermine du personnage masculin désignant une ascendance royale, tandis que l’intérieur dans lequel se passe la scène représentée n’a rien de palatial. Faut-il y voir quelque épisode galant hors mariage d’un des derniers Valois, par exemple Charles IX et Marie Touchet ?

MALEK-ADEL ET MATHILDE
CESARE MUSSINI
BERLIN - 1804 - FLORENCE - 1879

Huile sur papier marouflé sur toile

Hauteur : 48,5 cm
Largeur : 39 cm
Signé et daté au dos : C. Mussini dip.inv.Roma 1830

Une longue inscription au dos de la toile nous apprend le sujet, tiré d’un roman à succès de Sophie Cottin publié en 1805 « Mathilde ou mémoires tirés de l’histoire des croisades », qui raconte, avec une succession d’épisodes rocambolesques, la passion impétueuse et l’amour pudique entre Mathilde, sœur de Richard Cœur de Lion, et Malek-Adel, frère de Saladin. On apprend également que le grand tableau (disparu) fut peint pour un « Sig. Enghard americano », dont nous ignorons tout.

Cesare Mussini naquit à Berlin, où ses parents musiciens étaient au service du roi de Prusse. La famille rentra à Florence en 1818, et en 1820 Cesare s’inscrit à l’Accademia di belle Arti où il étudie avec Pietro Benvenuti, alors le principal artiste florentin. En 1828, il obtint, grâce à son tableau Léonard de Vinci expirant dans les bras de François Ier (Florence, galleria d’arte moderna, palazzo Pitti)un prix lui permettant d’aller à Rome (où il se lie avec le milieu français, Chateaubriand et Vernet, mais aussi Mendelssohn) jusqu’en 1832. De retour Florence, il exécute beaucoup de portraits pour une clientèle aristocratique et internationale, et enseigne à l’Accademia à partir de 1834.

DANS L’ATELIER DU PEINTRE
AUGUSTE DUMONT
LILLE ? - ??

Huile sur toile

Hauteur : 50 cm
Largeur : 65 cm

Signé en bas à droite : Auguste Dumont
Titré en bas au centre : Dans l’atelier du peintre
Au revers, inscription sur le châssis : Dr Auguste Dumont ; étiquette manuscrite collée sur le châssis : offert à la Famille Catteau /à laquelle je donne mes soins depuis plus de quarante ans/ 15.8bre .1932 Dr Aug. Dumont sociétaire des artistes français de Paris.

Auguste Dumont, dont on ignore les limites chronologiques, fut élève de son père et d’Hippolyte Léty. Il expose au Salon des Artistes français à partir de 1928, jusqu’en 1930, dans la section peinture : en 1928, il présente « moulin en Flandre », en 1929, « le cheminot » et « neige et soleil », et en 1930, « Béguinage à Bruges » et « Château de Formanoir, Templeuve », des titres qui évoquent la peinture belge contemporaine, comme par exemple le groupe de Laethem Saint Martin. On sait par ailleurs qu’en 1929 il résidait à Tourcoing. Dans notre tableau, on peut reconnaitre au mur de l’atelier « les pèlerins d’Emmaüs » de Rembrandt (Paris, musée Jacquemart-André), « Sainte Geneviève veillant sur Paris » de Puvis de Chavannes (Panthéon), et sur une sellette la sculpture de Louis-Ernest Barrias « Mozart jouant du violon ».