GALERIE RATTON-LADRIÈRE

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PORTRAIT DE JEUNE FEMME
GIROLAMO FORABOSCO
VENISE - 1605 - PADOUE - 1679

Huile sur cuivre (de forme ovale)

Hauteur : 13,2 cm
Largeur : 9,8 cm

Bibliographie : Chiara Marin, Girolamo Forabosco, Vérone, 2015, cat. n°9 p.123, fig.15 p.388.

Dans la notice qu’elle consacre à ce tableau, Chiara Marin fait remarquer que le même modèle est représenté en habits d’hiver dans un tableau de la collection Scarpa à Venise (Marin, op cit. cat. n° 13, fig.19), où il est en pendant à un autre portrait féminin (Marin, op cit. cat. n°14, fig.20). Ces deux tableaux, également ovales, sont légèrement plus grands que le nôtre. Si l’identité de cette dame est inconnue, la richesse de ses vêtements la désigne comme appartenant à la noblesse. Il est vraisemblable que ce portrait, de caractère intime, ait été destiné à l’être aimé. La personnalité de Girolamo Forabosco, célibataire endurci se mariant à cinquante neuf ans avec une jeunesse de dix huit, artiste à succès laissant sa famille dans l’indigence à sa mort, nous échappe encore sur bien des points, il est cependant un des artistes majeurs du dix septième siècle vénitien, alliant la tradition titianesque aux nouveautés introduites par les artistes étrangers de passage à Venise comme Van Dyck et Strozzi, ou par ceux qui envoient des œuvres à Venise, comme Guerchin. Notre tableau, dont le support de cuivre est assez rare chez l’artiste, est d’une remarquable finesse d’exécution, et, selon Chiara Marin, doit être daté entre 1635 et 1640.

L'OPÉRATION DU PIED
PIETER JANSZ QUAST
1606 ? - AMSTERDAM - 1647

Huile sur panneau

Hauteur : 30 cm
Largeur : 38 cm

Au verso, numéro d’inventaire à la peinture rouge : 1193.

Pieter Quast est documenté à La Haye, où il est membre de la Guilde de Saint Luc, de 1634 à 1641, date à laquelle il retourne définitivement à Amsterdam. Il peint essentiellement des scènes de genre, joyeuses compagnies de buveurs, fumeurs, ou comédiens, aussi des mendiants, mais sans jamais tomber dans la vulgarité, et avec un certain humour. Il a également peint des tableaux à une seule figure, à mi-corps ou en pied, et très souvent dans des accords de beige et vert. Notre composition est connue en plusieurs exemplaires, de dimensions sensiblement supérieures : une au Riksmuseum d’Amsterdam, une version dans le commerce italien (Caretto, Turin en 1995 ; ces deux versions sont monogrammées), et une version en vente chez Lempertz à Cologne, (14 mai 1994, n°449).

BACCHANALE
GIULIO CARPIONI
VENISE - 1613 - VICENCE - 1678
Huile sur toile (rentoilé)
Hauteur : 65 cm
Largeur : 92 cm

Né à Venise en 1613, Carpioni s’installe à Vicence dès 1638. On connait de lui quelques portraits, des allégories, des tableaux religieux, et beaucoup de tableaux à sujet de bacchanales. Sa production est ponctuée de quelques tableaux datés ou documentés, qui pour autant ne permettent pas d’esquisser une évolution stylistique, l’artiste semblant avoir trouvé très tôt son style et s’y tenir tout au long de sa carrière. Ses Bacchanales aux couleurs claires, acides, aigrelettes, créent un nouveau type de tableaux, chaleureux et sensuels, jamais vulgaires, qui évoquent sur le mode ironique et avec bonheur le monde disparu de la mythologie.

JEUNE FEMME DESSINANT À LA LUEUR D’UNE BOUGIE
ATELIER DE
JEAN-BAPTISTE SANTERRE
MAGNY-EN-VEXIN - 1651- PARIS - 1717

Huile sur toile

Hauteur : 64 cm
Largeur : 80,9 cm

Après son apprentissage auprès de Bon Boulogne à paris, le jeune Santerre commence sa carrière comme portraitiste (notamment en peignant la reine Marie Leczinska, tableau aujourd’hui à Versailles), mais c’est avec ses tableaux de figures féminines de fantaisie qu’il acquiert la célébrité. Cuisinières, brodeuses, femmes endormies ou lisant, dessinatrices, les personnages sont généralement vus à mi-corps, parfois penchés à une fenêtre, et témoignent de l’influence du goût hollandais alors répandu à Paris, l’influence des modèles de Rembrandt étant prédominante, et perceptible dans la façon de faire émerger la figure d’un environnement sombre ou éclairé de manière artificielle. La jeune femme représentée sur notre tableau s’entraîne à dessiner d’après une allégorie de l’architecture, statuette en bronze dont le modèle est dû à Jean de Bologne. Selon madame Claude Lesné, auteure du catalogue raisonné de l’artiste, notre œuvre est due à un proche collaborateur de Santerre, peut-être Marguerite Blanchot (entrée chez l’artiste comme élève vers 1692, elle devint sa collaboratrice et compagne après avoir été son modèle), dont on sait qu’elle copiait les œuvres de son amant (communication orale).

LE FESTIN D’HÉRODE
FRANCESCO SOLIMENA
CANALE DI SERINO - 1657 - BARRA - 1747

Huile sur toile (rentoilée)

Hauteur : 51,5 cm
Largeur : 66,5 cm

Bibliographie :
Francesco Solimena (1657-1747) e le Arti a Napoli, a cura di Nicola Spinosa, Rome 2018, pp .343-345, sous le n°135 et fig. 135b.2.

Ce tableau est en relation avec une fresque peinte par Solimena dans les dernières années du dix-septième siècle (de 1697 à 1708, par intermittance) dans la chapelle dédiée à saint Jean- Baptiste dans l’église de l’abbaye de Montecassino, totalement détruite lors des bombardements de juin 1944. De cette composition, admirée et dessinée par Fragonard lors de son séjour italien (2 et 3 juin 1760 pour ce qui est de Montecassino), on connait une esquisse au musée de l’abbaye de Montecassino , un modello dans les collections de la Cassa di Risparmio de Bologne, et un ricordo en collection privée suisse. Le Professeur Spinosa considère notre toile comme une réplique autographe avec variantes, témoignant du succès remporté par la composition originale (« Mentre questa monografia era in corso di stampa é comparsa, presso la Galerie Ratton-Ladrière a Parigi, un’altra replica autografa (51,5 x 66,5 ; cat .n. 135b .2) del Festino di Erode : presenta, rispetto alle altre redazioni qui illustrate, numerose varianti non di grande rilievo ed é opera sicuramente autografa di Solimena, a conferma del notevole successo che la composizione originaria ebbe presso vari commitenti dopo la sua realizzazione »).

PAIRE DE NATURES MORTES VASES ET GUIRLANDES DE FLEURS DANS DES RUINES ANTIQUES
ITALIE OU ALLEMAGNE

DÉBUT XVIIIe SIÈCLE

Fixés sous verre

Hauteur : 55,5 cm
Largeur : 73 cm

Ces deux fixés sous verre, d’une taille relativement importante, ont probablement été réalisés par deux artistes : un peintre spécialisé en fleurs, et un autre pour le paysage et les motifs décoratifs d’architecture et de vases ornementaux. Si l’on peut les dater du début du dix-huitième siècle, il est en revanche plus délicat de déterminer la nationalité des auteurs, qui pourraient être d’origine germanique, ce que la forme des encadrements peut suggérer.

La technique du fixé sous verre, pratiquée depuis la Renaissance, connaît un nouveau développement au début du dix-huitième siècle : il ne s’agit plus de peindre de petits tableaux de dévotion, mais des grands formats décoratifs, ou des portraits.

NATURE MORTE FLEURS ET FRUITS
FRANCESCO LAVAGNA
ITALIE - XVIIIe SIÈCLE

Huile sur toile (rentoilée)

Hauteur : 72 cm
Longueur : 187 cm

Cette belle et très décorative nature morte doit être attribuée à un artiste napolitain du dix-huitième siècle : elle présente de très importantes analogies avec une toile signée « Fran.o Lavagna P » reproduite par Luigi Salerno (La natura morta italiana 1560-1805, Rome 1984, fig.59.1, p.239) : même façon d’étaler les éléments, de mélanger fleurs et fruits. D’autres peintures attribuées à cet artiste par ailleurs totalement inconnu présentent ces mêmes caractéristiques. Il y a toujours une pastèque éventrée, et un vase de faïence bleue et blanche.

Un Giuseppe Lavagna est connu pour des tableaux de vases de fleurs, conservés en Espagne. On sait par De Dominici, dans ses biographies d’artistes napolitains, qu’il fut élève d’Andrea Belvedere, et mourut aveugle à quarante ans en 1724, mais on ignore quel rapport il a avec Francesco.

UN COUPLE DE HÉRONS CRABIERS
ÉCOLE FRANÇAISE DU XIXe SIÈCLE

Huile sur carton

Hauteur : 40 cm
Largeur : 54, 6 cm

Le héron crabier, dit parfois crabier chevelu (Ardeola ralloides) est un oiseau migrateur, répandu autour du bassin méditerranéen, de la Mer Noire et la Caspienne ; il arrive en mai et repart en Afrique tropicale dès le mois d’août. Il aime les lacs et marais, les estuaires, deltas bords de rivière à la végétation bien fournie. Il se nourrit essentiellement de grenouilles, mais apprécie également les insectes et les poissons.

MALEK-ADEL ET MATHILDE
CESARE MUSSINI
BERLIN - 1804 - FLORENCE - 1879

Huile sur papier marouflé sur toile

Hauteur : 48,5 cm
Largeur : 39 cm
Signé et daté au dos : C. Mussini dip.inv.Roma 1830

Une longue inscription au dos de la toile nous apprend le sujet, tiré d’un roman à succès de Sophie Cottin publié en 1805 « Mathilde ou mémoires tirés de l’histoire des croisades », qui raconte, avec une succession d’épisodes rocambolesques, la passion impétueuse et l’amour pudique entre Mathilde, sœur de Richard Cœur de Lion, et Malek-Adel, frère de Saladin. On apprend également que le grand tableau (disparu) fut peint pour un « Sig. Enghard americano », dont nous ignorons tout.

Cesare Mussini naquit à Berlin, où ses parents musiciens étaient au service du roi de Prusse. La famille rentra à Florence en 1818, et en 1820 Cesare s’inscrit à l’Accademia di belle Arti où il étudie avec Pietro Benvenuti, alors le principal artiste florentin. En 1828, il obtint, grâce à son tableau Léonard de Vinci expirant dans les bras de François Ier (Florence, galleria d’arte moderna, palazzo Pitti)un prix lui permettant d’aller à Rome (où il se lie avec le milieu français, Chateaubriand et Vernet, mais aussi Mendelssohn) jusqu’en 1832. De retour Florence, il exécute beaucoup de portraits pour une clientèle aristocratique et internationale, et enseigne à l’Accademia à partir de 1834.

PORTRAIT DU GENERAL OUDINOT
FRANÇOIS-FRÉDÉRIC GROBON
1815 - LYON - 1901

Huile sur toile

Hauteur : 35,4 cm
Largeur : 27,1 cm
Signé en bas à gauche

Nicolas-Charles-Victor Oudinot (Bar le Duc 1791- Paris 1863) était le fils aîné du Maréchal. Il fut lui-même général, et second duc de Reggio à la mort de son père en 1847. Il fut commandant de l’expédition italienne de 1849, entre dans Rome le 3 juillet, et prend le château Saint-Ange le 5, ce qui marque la fin de l’éphémère république romaine de 1849. Le 17 juillet il rend la ville au pape Pie IX qui en avait été chassé par la révolution romaine.

François-Frédéric Grobon fut élève à Lyon de Victor Orsel et Claudius Bonnefond, puis s’installa à Paris à partir de 1863. Il peignit des natures mortes, des tableaux religieux et d’histoire (il décora à Paris la chapelle de l’Oratoire), des portraits, et peignit également sur porcelaine. Le général Oudinot est ici représenté devant Rome. Nous ignorons s’il existe un grand format de cette composition.

BOUQUET DE COQUELICOTS DANS UN VASE EN CUIVRE
ALEXANDRE BAILLY
PARIS - 1866 - ? - 1947

Huile sur toile

Hauteur : 162 cm
Largeur : 130 cm

Signé en bas à droite : A.Bailly
Au verso, reste d’étiquette sur le châssis : « Alexandre Bailly 41 bld du Haut Pavé Etampes…et cuivre Salon de la Nationale ».

Alexandre Bailly fut au début du vingtième siècle un important peintre décorateur, travaillant essentiellement dans le domaine du théâtre et de l’opéra, pour les principales scènes parisiennes, Comédie Française, Opéra et Opéra Comique, Théâtre Sarah Bernhardt, mais également des panoramas pour les Expositions universelles, des grands décors pour les monuments publics (Arènes de Béziers) ou pour la Compagnie des Wagons-Lits, mais répond également à des commandes privées. Il travaillait pour cela avec son beau-père Marcel Jambon (1848-1908), qui avait fondé son atelier dans les années 1890, et fut entre autres médaille d’or de l’exposition de 1900. Dans les années 1920, l’atelier Jambon-Bailly se tourne vers l’industrie cinématographique, réalisant des décors de films muets.
Parallèlement à cette carrière dans le grand décor, Alexandre Bailly eut également une carrière d’artiste peintre et exposa aux salons de la Nationale des beaux Arts, en 1924 et 1932, principalement des toiles représentant des fleurs, comme cet imposant bouquet de coquelicots dans un vase de cuivre.